Anne BRUNSWIC

MENU

Caracas, 6 janvier, fin des vacances de nouvel an.

Fin des vacances scolaires, retour des plages, rentrée des classes, bouchons sur toutes les bretelles d’autoroutes, queues interminables aux arrêts de bus, la ville est transfigurée, l’air saturé de CO2. Une bonne partie de ce que j’ai écrit la semaine dernière est à revoir. Quelques boutiques que j’ai cru définitivement fermées ont levé le rideau. Sur l’artère piétonnière de Sabana Grande, on se bouscule devant les vitrines de baskets, de téléphones, de lingerie, d’accessoires de mode. Les glaciers, les sandwicheries sont pris d’assaut. Au bout de la rue, un centre commercial de conception étatsunienne, escalators, vigiles, cafeterias, magasins prétentieux rappelle à ceux qui en douteraient que tous les riches n’ont pas déserté. Au sortir de cette bulle aseptisée, retour sur le trottoir crasseux où une vieillarde accroupie, une caribéenne noire à turban vert, vend sur un bout d’étoffe une poignée de piments rouges et quelques gousses d’ail. Sa voisine, même âge, turban bleu, vend des cigarettes à l’unité. Des enfants essaient de se servir de cartons assemblés pour descendre un toboggan dont il ne reste que les rails. Ils se cassent la figure et recommencent. Une fillette glisse le long du rail métallique, ravie.