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		<title>De Barinas &#224; Sabaneta, 9 f&#233;vrier, p&#233;lerinage chaviste.</title>
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		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dimanche, en compagnie des m&#234;mes Jesus et Amalia, v&#234;tus en civil, p&#232;lerinage &#224; Sabaneta, le pauvre bourg natal de Chavez. Dans l'ordre, la statue monumentale sur la grande place, la maison de sa grand-m&#232;re, le centre d&#233;di&#233; &#224; l'&#233;tude des &#339;uvres du fondateur de la r&#233;volution bolivarienne, la salle polyvalente sport-th&#233;&#226;tre-concert. Tout a &#233;t&#233; offert par Rosneft, le consortium p&#233;trolier russe. Le commandante de bronze a une posture inhabituelle, raide, bras tendu vers l'avenir radieux. La base (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-6-de-Valencia-a-Barinas-" rel="directory"&gt;Semaine 6, de Valencia &#224; Barinas.&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/monument_sabaneta_img_5534-73890.jpg?1768597744' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;Dimanche, en compagnie des m&#234;mes Jesus et Amalia, v&#234;tus en civil, p&#232;lerinage &#224; Sabaneta, le pauvre bourg natal de Chavez.&lt;/span&gt; Dans l'ordre, la statue monumentale sur la grande place, la maison de sa grand-m&#232;re, le centre d&#233;di&#233; &#224; l'&#233;tude des &#339;uvres du fondateur de la r&#233;volution bolivarienne, la salle polyvalente sport-th&#233;&#226;tre-concert. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout a &#233;t&#233; offert par Rosneft, le consortium p&#233;trolier russe. Le commandante de bronze a une posture inhabituelle, raide, bras tendu vers l'avenir radieux. La base est en granite (de Car&#233;lie peut-&#234;tre). Mes guides me disent que le monument est arriv&#233; de Russie par bateau. Une centaine de tonnes. Rosneft n'a pas l&#233;sin&#233;. Il ne s'est pas trouv&#233; au Venezuela de sculpteur r&#233;aliste socialiste pour ex&#233;cuter le monument ? Ce serait plut&#244;t une bonne nouvelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes accompagnateurs connaissent les lieux, s'extasient. Ici la cuisine o&#249; la m&#233;m&#233; de Chavez cuisait les &lt;i&gt;arepas&lt;/i&gt;, la bicyclette o&#249; le jeune Hugo s'est cass&#233; la gueule (reconstitu&#233;e en m&#233;tal), le grand manguier o&#249; le gamin grimpait, l'arbuste plant&#233; par Evo Moral&#232;s. Ils sont fiers de ce qu'est devenu Sabaneta, &#233;mus &#224; chaque p&#232;lerinage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fidel Castro a formellement interdit toute statue de lui, tout monument, toute fresque, il a interdit que des rues, des b&#226;timents publics portent son nom. Sans pr&#233;juger de ce qui se ferait apr&#232;s sa mort. Gloire &#224; lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Barinas, 8 f&#233;vrier, journ&#233;e de mobilisation civico-militaire</title>
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		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Jesus et Amalia, lui ancien garde-du corps, elle employ&#233;e au tribunal, tous deux dans l'uniforme de la milice civico-militaire de d&#233;fense de la patrie, treillis de la t&#234;te aux pieds. Avec son gilet pare-balle et son ceinturon garni d'armes de poing, J&#233;sus, 1,95 m, impressionne. Amelia sous son sombrero de toile vert n'a pas renonc&#233; &#224; la coquetterie, rouge &#224; l&#232;vres tr&#232;s rouge, rimmel tr&#232;s noir. Ils nous conduisent en auto sur une grande place o&#249; des tentes sont dress&#233;es. Les miliciens font la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-6-de-Valencia-a-Barinas-" rel="directory"&gt;Semaine 6, de Valencia &#224; Barinas.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/barinas_milicia_bolivariana_20200208_131804-c424a.jpg?1768597744' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jesus et Amalia, lui ancien garde-du corps, elle employ&#233;e au tribunal, tous deux dans l'uniforme de la milice civico-militaire de d&#233;fense de la patrie, treillis de la t&#234;te aux pieds. Avec son gilet pare-balle et son ceinturon garni d'armes de poing, J&#233;sus, 1,95 m, impressionne. Amelia sous son sombrero de toile vert n'a pas renonc&#233; &#224; la coquetterie, rouge &#224; l&#232;vres tr&#232;s rouge, rimmel tr&#232;s noir. Ils nous conduisent en auto sur une grande place o&#249; des tentes sont dress&#233;es. Les miliciens font la queue pour pointer &#224; la journ&#233;e de mobilisation. Des mines fatigu&#233;es. Ils entrent ensuite dans un th&#233;&#226;tre o&#249; se tient un meeting r&#233;volutionnaire. L'orateur, un galonn&#233;, ancien camarade de Chavez, pas avare de d&#233;tails biographiques, relate la geste du commandante. Le message est limpide, ne reculez devant aucun sacrifice pour d&#233;fendre la patrie, montrez-vous dignes de l'h&#233;ritage de Bolivar et de Chavez. A la sortie du meeting, une nouvelle queue se forme. Cantini&#232;res et cantiniers en treillis distribuent des &#171; rations de combat &#187; soit un grand bol riz-haricots rouges arros&#233; d'une sauce qui contient un peu de viande. Et une boisson sucr&#233;e. Les trois amis saluent des camarades, vident leur bol &#224; l'ombre des arbres de la place (je ne suis jamais fichue de nommer les arbres tropicaux). Je d&#233;cline poliment la &#171; ration de combat &#187;, je ne la m&#233;rite pas. Je soup&#231;onne quelques pauvres miliciens d'&#234;tre venus pour se remplir le ventre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On lit sur les murs jamais le peuple ne se rendra, pas un seul l&#226;che chez nous. Sous Allende, on chantait el pueblo unido jam&#225;s ser&#225; vencido et on le chante encore. Le commandante Chavez &#233;tait plus martial et moins ir&#233;nique. Pas comme Allende. Allons enfants de la patriiie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; la voiture des camarades miliciens, Ana Maria m'emm&#232;ne dans des quartiers plus chics, loin du centre. D'abord chez sa fille puis chez sa m&#232;re. La fille fabrique des poup&#233;es de chiffon d'inspiration r&#233;volutionnaire. Sans doute pour am&#233;liorer l'ordinaire. La m&#232;re, ancienne avocate communiste, m'enchante, son humour, sa finesse, ses silences. Sa maison entour&#233;e d'un petit patio touffu, fleuri, plein de bananiers m'enchante aussi. Ana Maria, piqu&#233;e : si tu veux, tu peux venir habiter ici. Sauf qu'ici comme dans toutes les banlieues r&#233;sidentielles, on ne vit pas sans voiture. M&#234;me la boulangerie est inaccessible &#224; pied. D'autant qu'il fait 38&#176; C &#224; l'ombre. Au soleil, je ne veux pas le savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
De grands ensembles sociaux construits sous Chavez s'alignent dans un d&#233;sert poussi&#233;reux. A Barinas, plusieurs milliers de familles ont re&#231;u des appartements de 70 m2. Dans le pays, deux millions d'appartements bien &#233;quip&#233;s ont &#233;t&#233; attribu&#233;s gratuitement aux sans-logis et aux mal log&#233;s. Sous deux conditions, interdiction de les vendre, obligation de les maintenir en bon &#233;tat. 8 &#224; 10 millions d'habitants en ont b&#233;n&#233;fici&#233;, &#233;norme progr&#232;s. Mais Ana Maria ajoute, on s'est arr&#234;t&#233; en chemin, comme souvent, ces ensembles urbains devaient r&#233;unir habitat, parcs, &#233;coles, commerces et emplois. Tu vois, ici, il y a juste un supermarch&#233; et quelques commerces informels. Le soleil de Barinas tape tr&#232;s dur, aucun arbre, pas le moindre bout de verdure. Moi : j'esp&#232;re que l'air conditionn&#233; marche. Elle : le probl&#232;me, c'est l'eau, il n'y a pas assez de pression pour qu'elle monte au 4e &#233;tage. Moi : et les transports publics ? Elle : beaucoup de bus sont hors service et on n'a pas de quoi les r&#233;parer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les fa&#231;ades aveugles des b&#226;timents sociaux, les yeux un peu brid&#233;s du commandante sous d'&#233;pais sourcils nous regardent. Peints au pochoir en noir, format g&#233;ant. Le regard visionnaire du proph&#232;te, protecteur du p&#232;re de nation, autoritaire du chef, s&#233;v&#232;re de l'instituteur ? On peut faire dire ce que l'on veut &#224; une paire d'yeux. L'image est un logo reproduit &#224; l'identique sur les murs, les autobus des compagnies publiques. Un logo a l'avantage d'&#234;tre imm&#233;diatement identifiable comme les doubles chevrons de Renault. Plus percutant que les portraits lourdingues qui s'&#233;caillent sur les murs. Le logo ne conna&#238;t pas les avanies de l'&#226;ge, de la maladie, il est immuable comme la silhouette du Che fig&#233;e dans l'&#233;ternit&#233;. Dans la torpeur de l'apr&#232;s-midi, je me laisse aller &#224; des divagations s&#233;miologiques. Le design graphique au service de la propagande et r&#233;ciproquement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Barinas, 4 f&#233;vrier, chez Ana Maria et Leonardo.</title>
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		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;part de bonne heure pour Barinas, ville r&#233;put&#233;e pour sa chaleur &#233;touffante. J'attends une heure au terminal de Valencia, pas tr&#232;s rassur&#233;e. Des escrocs demandent 100 dollars. Le prix &#171; normal &#187; en taxi por puesto est de 12 dollars (soit dix fois le prix de l'autocar). D&#233;part &#224; 8h30. Dans la voiture, deux jeunes passag&#232;res. Route tr&#232;s plate, des ralentisseurs dans chaque village, nombreux contr&#244;les policiers. A mesure qu'on s'approche de la fronti&#232;re colombienne, l'ins&#233;curit&#233; augmente. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/ana_maria_img_5580-0eda7.jpg?1768597745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;part de bonne heure pour Barinas, ville r&#233;put&#233;e pour sa chaleur &#233;touffante. J'attends une heure au terminal de Valencia, pas tr&#232;s rassur&#233;e. Des escrocs demandent 100 dollars. Le prix &#171; normal &#187; en taxi por puesto est de 12 dollars (soit dix fois le prix de l'autocar). D&#233;part &#224; 8h30. Dans la voiture, deux jeunes passag&#232;res. Route tr&#232;s plate, des ralentisseurs dans chaque village, nombreux contr&#244;les policiers. A mesure qu'on s'approche de la fronti&#232;re colombienne, l'ins&#233;curit&#233; augmente. Selon le chauffeur, elle est le fait de trois forces arm&#233;es, les narcos colombiens dont beaucoup se sont recycl&#233;s dans le trafic d'essence, le peuple indig&#232;ne &#233;galement r&#233;parti de part des deux c&#244;t&#233;s de la fronti&#232;re, des militaires et paramilitaires v&#233;n&#233;zu&#233;liens. On est en Am&#233;rique centrale, quarante ans de guerre en Colombie, une centaine si l'on y ajoute le Salvador, le Nicaragua, Panama. Le chauffeur ne soutient pas l'opposition, il constate un &#233;tat de guerre chronique. Sans doute paie-t-il lui aussi sa d&#238;me ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;e &#224; Barinas &#224; 14h. Ana Maria Oviedo m'attend avec son oncle. Elle fait une halte &#224; la banque, revient au bout d'une demi-heure, la queue &#233;tait longue et les employ&#233;s incomp&#233;tents - rapport de cause &#224; cons&#233;quence. Dans la voiture climatis&#233;e, l'oncle cause de son m&#233;tier, sa passion. C'est un monsieur dans la cinquantaine, m&#233;tis au teint fonc&#233;, tellement menu et fluet que je l'imagine d'abord sous-aliment&#233;. Il est chercheur en agronomie et, &#224; la diff&#233;rence de ses coll&#232;gues, engag&#233; sur le terrain avec les villageois. Apr&#232;s la d&#233;sertification des campagnes dans les ann&#233;es 1950, le d&#233;veloppement de la monoculture agro-chimique, ma&#239;s et canne &#224; sucre, une r&#233;forme agraire inaboutie, le d&#233;laissement des grandes propri&#233;t&#233;s, tout est &#224; faire et &#224; refaire, m'explique le tonton. A la campagne, il y a peu de routes donc peu de commerce. Malgr&#233; les progr&#232;s de l'alphab&#233;tisation, malgr&#233; les postes de sant&#233; villageois tenus par les m&#233;decins cubains, malgr&#233; quelques ordinateurs offerts par le gouvernement, malgr&#233; les t&#233;l&#233;phones portables qui malheureusement ne captent pas le r&#233;seau, la campagne stagne. Les paysans en quasi-autarcie se nourrissent pourtant mieux que leurs cousins citadins. L'oncle d'Ana Maria est un homme bien, chaviste bien s&#251;r, et critique, bien s&#251;r. Le dernier dans la famille &#224; poss&#233;der une voiture qui roule, toutes les autres sont &#224; l'arr&#234;t faute de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es. En dollars, on en trouve. Les importateurs clandestins multiplient leur mise par cinq ou dix. Pour eux, la &#171; crise &#187; est une aubaine, dit-il. Tout le monde le dit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Barinas, 5-6 f&#233;vrier, conversations au clair de lune.</title>
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		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peu de rencontres. Chez Ana Maria Oviedo et son compagnon Leonardo, je pr&#233;f&#232;re m'adonner &#224; l'&#233;criture de mon feuilleton que sortir dans une chaleur qui d&#233;passe tout ce que j'ai connu. Ils sont tous les deux tendres, intelligents d'un abord chaleureux. Ana Maria n'est pas surprise du malaise que j'ai ressenti &#224; Cuman&#225;. Non, ce n'est pas le grand prix de litt&#233;rature v&#233;n&#233;zu&#233;lienne qui a tourn&#233; la t&#234;te &#224; Esmeralda. Elle a toujours &#233;t&#233; assez froide, distante, la maison est parfaite mais on n'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-6-de-Valencia-a-Barinas-" rel="directory"&gt;Semaine 6, de Valencia &#224; Barinas.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/barinas_1_20200205_093718-ee8ae.jpg?1768597745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;Peu de rencontres. Chez Ana Maria Oviedo et son compagnon Leonardo&lt;/span&gt;, je pr&#233;f&#232;re m'adonner &#224; l'&#233;criture de mon feuilleton que sortir dans une chaleur qui d&#233;passe tout ce que j'ai connu. Ils sont tous les deux tendres, intelligents d'un abord chaleureux. Ana Maria n'est pas surprise du malaise que j'ai ressenti &#224; Cuman&#225;. Non, ce n'est pas le grand prix de litt&#233;rature v&#233;n&#233;zu&#233;lienne qui a tourn&#233; la t&#234;te &#224; Esmeralda. Elle a toujours &#233;t&#233; assez froide, distante, la maison est parfaite mais on n'a pas le droit de d&#233;placer une serviette. D&#233;cid&#233;ment, le monde litt&#233;raire de gauche est petit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conditions de vie dures, les coupures d'&#233;lectricit&#233; durent de six &#224; neuf heures par jour. Plus de lumi&#232;re et, plus emb&#234;tant, plus d'air conditionn&#233;. La temp&#233;rature int&#233;rieure de la maison d&#233;passe 33&#176;. En deux ans, L&#233;onardo a perdu 40 kg mais il reste bedonnant. Il se sent prisonnier de sa vieille m&#232;re de 92 ans, dont il est le seul &#224; s'occuper. Assign&#233; &#224; r&#233;sidence. &#171; Je n'ai pas de vie &#187;. Il s'&#233;chappe &#224; l'aube entre 6h et 7h pour marcher dans le quartier sur les conseils de son cardio mais les balades tournent en rond. Il est heureux de parler avec moi tard dans la nuit &#224; la lumi&#232;re de la pleine lune. Dans le patio, l'air est respirable, on boit, on fume, on cause &#224; l'infini. Po&#232;te et peintre, plus po&#232;te que peintre car il n'a plus d'atelier. Il me montre des dessins &#224; l'encre que je trouve tr&#232;s beaux. Il m'offre un recueil de po&#232;mes mais c'&#233;tait il y a longtemps, le minist&#232;re de la culture n'a plus les moyens d'imprimer des livres, les biblioth&#232;ques publiques sont ass&#233;ch&#233;es, les rares librairies ont tir&#233; le rideau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le couple est tomb&#233; d'un coup dans la pauvret&#233; en 2017, voiture en panne, nourriture monotone. Ils font face. Tr&#232;s critiques vis-&#224;-vis de Maduro - L&#233;onardo plus qu'Ana Maria - mais tr&#232;s fid&#232;les &#224; la gauche. Entre ses quatre murs &#233;touffants, Leonardo se tient au courant de l'actualit&#233; mondiale et passe des heures &#224; lire po&#233;sie et prose, plut&#244;t po&#233;sie. Ana Maria, jusqu'&#224; la semaine derni&#232;re, dirigeait la politique culturelle de toute la r&#233;gion. Apr&#232;s 25 ans de service, elle prend sa retraite. Elle n'a que 54 ans. Je m'&#233;tonne, 25 ans de travail seulement ? Chez nous, ce sera bient&#244;t 45. A son tour de s'&#233;tonner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous parlons politique et culture, politique de la culture, nous parlons boutique. Chavez comprenait les enjeux d'une politique culturelle populaire, ciment de la patrie. Bolivar uni aux cultures indig&#232;nes et carib&#233;ennes. Bolivar et la litt&#233;rature humaniste mondiale. Il avait des ambitions immenses, Les Mis&#233;rables en 3 tomes ont &#233;t&#233; publi&#233;s &#224; un million d'exemplaires, Don Quichotte &#224; un million et demi. Des chefs d'&#339;uvres dans chaque foyer. Ana Maria a v&#233;cu des ann&#233;es b&#233;nies, la culture &#233;tait partout, m&#234;me &#224; la t&#233;l&#233;. Le programme du dimanche durait quatre heures, parfois dix. Chavez entre mille choses, racontait comment les livres avaient chang&#233; sa vie. Instituteur du peuple. Son style n'&#233;tait pas toujours de bon go&#251;t mais on l'aimait, il savait parler au c&#339;ur. Le public &#233;tait devant la t&#233;l&#233;, bien au-del&#224; des chavistes. En plein tournoi mondial de foot, on voit Chavez sortir de sa vareuse un carton rouge. D&#233;claration en direct du lider bienaim&#233; : &#171; Aujourd'hui, je colle un carton rouge &#224; tous les cadres de PVDSA (le consortium p&#233;trolier qui nourrit le pays), j'en vire 15 000 &#187;. Ana Maria et Leonardo trouvaient ce genre de mise en sc&#232;ne indigne de la fonction, m&#234;me si les salauds de cadres en question, ralli&#233;s &#224; l'opposition, paralysaient le pays depuis six mois. Moi : C'&#233;tait un populiste ? Eux : Oui, en un sens populiste mais Chavez savait aussi reconna&#238;tre ses erreurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Valencia, Elisabel optimiste de coeur.</title>
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		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Elisabel Rubiano. Magn&#233;tophone, deux heures d'entretien, elle parle &#224; toute allure. De politique, d'&#233;ducation, d'int&#233;gration des handicap&#233;s &#224; l'&#233;cole, des dix chantiers de recherches qu'elle m&#232;ne de front, de ses exp&#233;riences de terrain. Optimiste de c&#339;ur et de raison, sinon il n'y a plus qu'&#224; se suicider. Je n'ai aucune question &#224; poser, &#231;a coule, tout se ram&#232;ne au sens de la vie. Elle s'est int&#233;ress&#233;e entre autres &#224; la d&#233;linquance. Apr&#232;s le pic de 2017, la criminalit&#233; est retomb&#233;e. Enfin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-6-de-Valencia-a-Barinas-" rel="directory"&gt;Semaine 6, de Valencia &#224; Barinas.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/elisabel_valencia-a0d97.jpg?1768580043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elisabel Rubiano. Magn&#233;tophone, deux heures d'entretien, elle parle &#224; toute allure. De politique, d'&#233;ducation, d'int&#233;gration des handicap&#233;s &#224; l'&#233;cole, des dix chantiers de recherches qu'elle m&#232;ne de front, de ses exp&#233;riences de terrain. Optimiste de c&#339;ur et de raison, sinon il n'y a plus qu'&#224; se suicider. Je n'ai aucune question &#224; poser, &#231;a coule, tout se ram&#232;ne au sens de la vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'est int&#233;ress&#233;e entre autres &#224; la d&#233;linquance. Apr&#232;s le pic de 2017, la criminalit&#233; est retomb&#233;e. Enfin une bonne nouvelle, les &lt;i&gt;malandrinos&lt;/i&gt; se sont eux aussi exil&#233;s. Elle a particip&#233; &#224; une recherche : les d&#233;linquants ont en commun d'avoir une activit&#233; sexuelle tr&#232;s intense et un lien probl&#233;matique avec leur m&#232;re. &#199;a fait beaucoup de monde. Elle m'apprend toute sorte de choses tir&#233;es de sa propre exp&#233;rience. Les gens du peuple qui s'exilent n'ont rien &#224; voir avec les affam&#233;s d'Am&#233;rique centrale, ce ne sont pas des d&#233;sesp&#233;r&#233;s, ils ont une maison, de quoi se nourrir et se v&#234;tir, ils partent pour maintenir et si possible &#233;lever leur niveau de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;coute Elisabel, brio, humour, chaleur. Je me fous de son fauteuil roulant. Elle dit qu'elle a &#233;t&#233; renvers&#233;e par une voiture &#224; 17 ans. &#199;a n'appelle aucun commentaire. En fait, c'est un genre de moto &#233;lectrique. Elle fait tout tr&#232;s vite. Des amis viennent d'arriver, leur fille soutient sa th&#232;se demain. Elisabel l'a dirig&#233;e. Toujours press&#233;e. La moto passe sur des coussins pos&#233;s par terre et se renverse. Son mari et le papa de la th&#233;sarde l'aident &#224; se remettre en selle. Elle est assez lourde. Si nous n'&#233;tions que deux, je ne sais pas si nous nous en sortirions. Je refuse de la voir comme une handicap&#233;e mais le handicap existe. Elle compense en multipliant les engagements professionnels, associatifs amicaux comme les ateliers d'&#233;criture auxquels elle participe chez Laura. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son militantisme, dit-elle, se d&#233;ploie d&#233;sormais dans la recherche, plus sur le terrain. Elle trouve beaucoup de m&#233;rites &#224; la crise &#233;conomique actuelle, les gens ont cess&#233; de se gaver &#224; l'am&#233;ricaine : le coca-cola ne tr&#244;ne plus sur la table, ni la mayonnaise en pot ni le ketchup. On s'est mis &#224; faire la cuisine, &#224; consommer les fruits et les l&#233;gumes locaux. (Ils ne manquent pas dans ce pays o&#249; bananes, avocats, mangues, oranges, papayes poussent tout seuls.) On roule moins, on pollue moins, on appr&#233;cie davantage les liens humains. Elisabel est une femme &#233;patante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mari, physicien, enseignant-chercheur est paisible, aimant. Oui, il a perdu une vingtaine de kilos depuis la crise, il devrait en perdre encore 4 ou 5, &#171; pour le c&#339;ur &#187;. Il me raccompagne aimablement en voiture. Ici, on sait accueillir les invit&#233;s, dit-il. Il a beaucoup voyag&#233; de congr&#232;s en conf&#233;rences. Je l'interroge sur son travail mais je n'y comprends pas grand-chose sinon qu'il collabore avec des biologistes sur l'intensit&#233; des rayonnements dans les th&#233;rapies du cancer. Dommage que mon amie physicienne - et hispanophone - ne soit pas dans la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://annebrunswic.fr/IMG/jpg/elisabel_et_son_mariimg_5523.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/elisabel_et_son_mariimg_5523-a6d8a.jpg?1768580043' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Valencia, 2 f&#233;vrier, imprudences.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Laura veut savoir ce que j'&#233;cris seule dans la chambre. Elle m'interroge sur mes impressions au bout d'un mois de voyage. Je commets la b&#234;tise de r&#233;pondre avec franchise. J'ai le sentiment que les pauvres, les &#171; humbles &#187;, sont en train de perdre les acquis du chavisme, les gosses sont scolaris&#233;s mais ils n'ont plus de profs, la distribution de cartons de nourriture a affaibli les initiatives locales, l'enthousiasme citoyen est &#233;rod&#233; par un retour en force d'une bureaucratie autoritaire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-5-Caracas-90-" rel="directory"&gt;Semaine 5, Caracas, Valencia.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/valencia_20200202_121038-a1f53.jpg?1768580043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;Laura veut savoir ce que j'&#233;cris seule dans la chambre. &lt;/span&gt; Elle m'interroge sur mes impressions au bout d'un mois de voyage. Je commets la b&#234;tise de r&#233;pondre avec franchise. J'ai le sentiment que les pauvres, les &#171; humbles &#187;, sont en train de perdre les acquis du chavisme, les gosses sont scolaris&#233;s mais ils n'ont plus de profs, la distribution de cartons de nourriture a affaibli les initiatives locales, l'enthousiasme citoyen est &#233;rod&#233; par un retour en force d'une bureaucratie autoritaire, incomp&#233;tente et vermoulue. L.A. fronce les sourcils. Imprudemment, j'aborde la corruption et la violence chronique des forces de la police sp&#233;ciale, sa complicit&#233; avec les dealers et les contrebandiers de gros calibre. Elle est outr&#233;e. Qui me l'a dit ? Est-ce que j'ai des preuves ? Tout le monde m'en a parl&#233;, les chavistes de bonne foi comme les chauffeurs de taxi mais c'est vrai, je n'ai pas de preuves. Va-t-elle appeler Chucho dans la nuit ? Est-ce que je fais mes valises demain ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, tout change. Dalia a &#233;t&#233; ravie de sa conversation avec moi. Nous nous remettons &#224; parler litt&#233;rature. Elle va me faire rencontrer Elisabeth, une grande amie en fauteuil roulant, une femme d'une activit&#233; bouillonnante. Elle insiste sur le fauteuil roulant, sur le fait qu'elle n'a pas pu &#234;tre m&#232;re. Je m'arrange pour r&#233;aliser un entretien avec Elisabeth qui s'appelle en r&#233;alit&#233; Elisabel, &#224; son domicile et pas chez Laura. Les t&#233;moins sont toujours parasites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Valencia, Dalia ou le f&#233;minisme de bureau.</title>
		<link>https://annebrunswic.fr/Valencia-Dalia-ou-le-feminisme-de-bureau</link>
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		<dc:date>2026-01-16T15:31:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Laura Antillano m'entra&#238;ne au mus&#233;e des Beaux-Arts. On va y projeter Parque Central, quatre fictions cousues autour d'un lieu symbolique de Caracas au temps de son avant-gardisme architectural. L. A. a sign&#233; un des &#233;pisodes. Une jeune fille arrive de province. Un jeune homme aux intentions suspectes la suit jusque chez elle. Il la s&#233;duit. Elle est amoureuse, combl&#233;e sexuellement. Elle revient sur sa premi&#232;re impression. Le petit ami lui fait rencontrer un vieux monsieur adorable qu'il fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-5-Caracas-90-" rel="directory"&gt;Semaine 5, Caracas, Valencia.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/valencia_musee_20200201_150620-55306.jpg?1768580043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laura Antillano m'entra&#238;ne au mus&#233;e des Beaux-Arts. On va y projeter Parque Central, quatre fictions cousues autour d'un lieu symbolique de Caracas au temps de son avant-gardisme architectural. L. A. a sign&#233; un des &#233;pisodes. Une jeune fille arrive de province. Un jeune homme aux intentions suspectes la suit jusque chez elle. Il la s&#233;duit. Elle est amoureuse, combl&#233;e sexuellement. Elle revient sur sa premi&#232;re impression. Le petit ami lui fait rencontrer un vieux monsieur adorable qu'il fait passer pour son grand-p&#232;re. A ce stade, le spectateur n'a plus de doute mais l'h&#233;ro&#239;ne est aveugl&#233;e. Elle d&#233;couvre son appartement cambriol&#233; et r&#233;alise un peu tard que la premi&#232;re impression &#233;tait la bonne. Un conte morlal.&lt;br class='autobr' /&gt; Le soir, je parle de ce sc&#233;nario avec L.A.. Elle voit son h&#233;ro&#239;ne comme une proie facile, victime d'une na&#239;vet&#233; provinciale et de carences affectives. Le r&#233;alisateur les a rendues &#233;videntes en ajoutant au sc&#233;nario des poignets taillad&#233;s. Cet artifice me g&#234;ne. Apr&#232;s tout, si cette jeune fille cherchait de l'amour, elle en a re&#231;u un artefact, si elle cherchait du sexe, elle a &#233;t&#233; bien servie. March&#233; de dupes certes mais la ch&#233;rie ne demandait qu'&#224; &#234;tre dup&#233;e. Tout se paie. L.A. est un peu surprise par mon cynisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois mariages rat&#233;s suivis d'une longue psychanalyse. Apr&#232;s un cancer du sein, elle a pris sa retraite du sexe. Il reste les deux chats. Elle se prive s&#251;rement de nourriture pour les chouchouter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle me met en contact avec Dalia X., une personnalit&#233; de la galaxie chaviste. Universitaire, &#233;lue, charg&#233;e de responsabilit&#233;s du c&#244;t&#233; de l'&#233;galit&#233; des genres. Sur les antennes de la radio gouvernementale, elle tient une chronique hebdomadaire destin&#233;e aux femmes. Je la titille sur les grossesses tr&#232;s pr&#233;coces, une de mes obsessions du moment. Elle pr&#244;ne une &#233;ducation sexuelle pr&#233;coce &#224; l'&#233;cole. M&#234;me musique qu'avec Anna &#224; la commune 23 de Enero ou avec Jos&#233; &#224; Cuman&#225;. La l&#233;galisation de l'avortement n'est pas au programme chaviste. Je soutiens que le sujet est politique puisque seules les filles pauvres accouchent pr&#233;cocement, Dalia &#233;lude. J'ai bien tort de m'obstiner, la base chaviste est d&#233;j&#224; assez fragilis&#233;e, ce n'est pas le moment de se mettre &#224; dos les sectateurs du petit J&#233;sus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une limonade chez le glacier en face du mus&#233;e en compagnie du mari de Dalia, directeur de la radio gouvernementale o&#249; elle officie. J'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; une bi&#232;re en cette fin d'apr&#232;s-midi mais les lieux de d&#233;bauche sont rares. Le mari me montre un parking de voitures &#224; vendre, des 4x4 rutilants. &#171; Regardez, o&#249; voyez-vous de la mis&#232;re ? Il y a de tout ici &#187;. R&#233;pondant &#224; une question que je n'ai pas pos&#233;e &#171; notre voiture a 12 ans. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au retour, L. A. me demande mes impressions. Par courtoisie, je dis &#171; mitig&#233;es &#187;. Dalia n'est pas une proche, dit-elle. Elle n'a jamais rencontr&#233; son mari. Nous convenons que Dalia a des &#339;ill&#232;res. Je pr&#233;f&#232;re les gens travers&#233;s de contradictions. En romanci&#232;re, elle m'approuve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Valencia, 31 janvier, Dracula</title>
		<link>https://annebrunswic.fr/Valencia-31-janvier-Dracula</link>
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		<dc:date>2026-01-16T15:08:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Balade dans Valencia. Moche et poussi&#233;reuse, rien qui donne envie de se promener. Par chance, l'autoroute contourne la ville au lieu de la traverser comme &#224; Caracas. Le maire est un entrepreneur prosp&#232;re ralli&#233; &#224; Chavez on ne sait pourquoi. Il a choisi Dracula comme embl&#232;me de la ville &#171; pour attirer les jeunes vers la politique &#187;, donc parc Dracula, mobilier urbain (tr&#232;s succinct) Dracula&#8230; Il a redress&#233; les finances de la ville et engag&#233; de grands travaux. L. A. lui pardonne ses excentricit&#233;s.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-5-Caracas-90-" rel="directory"&gt;Semaine 5, Caracas, Valencia.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/valencia_20200202_121045-4232f.jpg?1768580043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Balade dans Valencia. Moche et poussi&#233;reuse, rien qui donne envie de se promener. Par chance, l'autoroute contourne la ville au lieu de la traverser comme &#224; Caracas. Le maire est un entrepreneur prosp&#232;re ralli&#233; &#224; Chavez on ne sait pourquoi. Il a choisi Dracula comme embl&#232;me de la ville &#171; pour attirer les jeunes vers la politique &#187;, donc parc Dracula, mobilier urbain (tr&#232;s succinct) Dracula&#8230; Il a redress&#233; les finances de la ville et engag&#233; de grands travaux. L. A. lui pardonne ses excentricit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Caracas, 30 d&#233;cembre, l'Internationale des &#233;crivains.</title>
		<link>https://annebrunswic.fr/Caracas-30-decembre-l-Internationale-des-ecrivains-264</link>
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		<dc:date>2026-01-16T14:50:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis le dernier sandwich d'Ib&#233;ria, que dalle. L'h&#244;tel ne sert pas de petit-d&#233;jeuner. M&#234;me pas de caf&#233; ? Le gardien s'&#233;tonne de mon &#233;tonnement. Je me figurais quoi ? A midi, arrive un &#233;missaire de Chucho du nom d'Oswell, un brun trapu, chemise &#224; carreaux tirant sur les boutons au niveau de la bedaine. La carte de cr&#233;dit internationale ne servant &#224; rien ici (contr&#244;le des changes, je suppose) il m'apporte de la part de son patron une carte de d&#233;bit, l'identifiant est un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-1-Caracas-" rel="directory"&gt;Semaine 1, Caracas&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/30_decembre_img_5227-6371d.jpg?1768580043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;Depuis le dernier sandwich d'Ib&#233;ria, que dalle. L'h&#244;tel ne sert pas de petit-d&#233;jeuner.&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me pas de caf&#233; ? Le gardien s'&#233;tonne de mon &#233;tonnement. Je me figurais quoi ? A midi, arrive un &#233;missaire de Chucho du nom d'Oswell, un brun trapu, chemise &#224; carreaux tirant sur les boutons au niveau de la bedaine. La carte de cr&#233;dit internationale ne servant &#224; rien ici (contr&#244;le des changes, je suppose) il m'apporte de la part de son patron une carte de d&#233;bit, l'identifiant est un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, le code comporte 4 chiffres. Je lui remets 300 dollars qu'il placera sur le compte bancaire correspondant &#224; la carte, laquelle me permettra de d&#233;penser des bolivars chez les commer&#231;ants &#233;quip&#233;s de lecteurs de cartes. Tout est insolite et opaque mais pour l'heure, l'estomac commande. Oswell, dont j'ignore les fonctions &#224; la t&#233;l&#233;vision, est arriv&#233; avec un chauffeur. Les deux hommes me d&#233;posent devant une caf&#233;taria bourgeoise d'un quartier bourgeois &#224; flanc de colline. C'est l&#224;. Ils m'attendent au bar, les malabars. D&#233;jeuner est le contraire de je&#251;ner. J'essaie de me distraire seule &#224; ma table en attendant l'omelette jambon de mes r&#234;ves. Ils ont mission de me raccompagner &#224; l'h&#244;tel, pas de m'expliquer quoi que ce soit. Leur garde rapproch&#233;e me p&#232;se. Au fil des heures, Chucho m'envoie sur WhatsApp de gentils messages dans un fran&#231;ais qui sent la traduction automatique. &#171; Tout est bien ? &#187;. &#171; Nous mangeons &#224; 8.0. Le poisson va bien ? &#187; &#8230;. Mon ami parisien conna&#238;t Jorge qui conna&#238;t Chucho qui m'attend ce soir &#224; d&#238;ner.&#8230; Merveille des poup&#233;es russes. Quelle gentillesse malgr&#233; les premiers cafouillages !&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai h&#226;te de voir la ville sans escorte. La place Venezuela est d&#233;serte, comme soumise au couvre-feu. Le jardin botanique est ouvert mais le jeune soldat de garde, seul dans sa gu&#233;rite, tuant l'ennui en regardant l'&#233;cran z&#233;br&#233; d'une petite t&#233;l&#233; portative, m'avertit, vous &#234;tes toute seule, il ne faut pas, c'est tr&#232;s dangereux. Ah ! A quoi sert-il ? Il insiste, il y a des agressions, des gens qui passent par-dessus les grillages l&#224;-bas de l'autre c&#244;t&#233;. Ah ! Trois heures de l'apr&#232;s-midi, une temp&#233;rature agr&#233;able, des all&#233;es bien trac&#233;es entre des buissons, des bambous, de tr&#232;s hauts palmiers, des essences tropicales qui ne demandent qu'&#224; &#234;tre admir&#233;es. Je m'engage sur le sentier, le planton sort de sa gu&#233;rite avec des gestes de r&#233;probation, me surveille de loin. Sur un banc de pierre cach&#233; dans la bambouseraie, je fume en cachette. Je n'ose pas m'&#233;loigner, retourne sur mes pas &#224; contre-c&#339;ur. Au bout de l'avenue en impasse, le campus de l'universit&#233; est ferm&#233;. Sur le trottoir d'en face, quatre vieux clochards font les bouquinistes. &#201;trange stand de livres amoncel&#233;s, comme d&#233;vers&#233;s d'une brouette. Gentiment, ils posent pour la photo. Quelques rencontres de hasard dans la rue comme je les aime, des portraits photos. Vous cherchez la mosqu&#233;e ? la synagogue ? La synagogue est ancienne, tr&#232;s belle vous verrez, c'est juste ici &#224; droite. Par l&#224;, &#224; gauche, on a deux mosqu&#233;es, une ancienne, une toute neuve. Il y a beaucoup de musulmans ? Oui, des Syriens, des Libanais, ils tiennent des commerces. Inutile de pousser la porte d'une synagogue un lundi. Je prends la direction de la mosqu&#233;e toute neuve, cadeau de l'Arabie Saoudite, on pouvait s'y attendre. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la nuit tomb&#233;e, Oswell et son chauffeur me conduisent au si&#232;ge de la t&#233;l&#233;vision. Caracas la nuit. Une autoroute urbaine, des gratte-ciel orn&#233;s de peintures murales g&#233;antes, de grands panneaux nagu&#232;re publicitaires : Chavez au premier plan, Maduro &#224; l'ombre du lider maximo. Dans la grande tradition des affiches sovi&#233;tiques des ann&#233;es 1930. D&#233;fense de la patrie, non &#224; Trump sur un mur entier&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;le tr&#232;s professionnel de la s&#233;curit&#233;. El senor Nanez m'attend, c'est bon. Trois postes de contr&#244;le avant d'arriver au bureau de son &#233;minence. Chucho, 40 ans &#224; peine, fluet, queue de cheval, chemisette blanche ouverte et jeans, on ne peut plus improbable dans ce d&#233;cor, dans ce r&#244;le. Un mur de son bureau est couvert d'&#233;crans, les principales t&#233;l&#233;s du pays, toutes priv&#233;es, toutes d&#233;tenues par des milliardaires. La plus virulente est Canaleleven, infos anti-chavistes en continu. La cha&#238;ne maison occupe un grand &#233;cran. Il garde un &#339;il sur les &#233;crans, un autre sur son t&#233;l&#233;phone portable. Quand la qualit&#233; p&#232;che, il appelle un ou une chef de service. De fait, la technique laisse &#224; d&#233;sirer : une erreur de format coupe le bas de l'&#233;cran, le fil continu d'information est illisible. Les interruptions n'enl&#232;vent rien &#224; la qualit&#233; de sa pr&#233;sence, l'intensit&#233; de la conversation. La recommandation de Jorge et le bouquin que j'ai &#233;crit en Palestine suffisent comme carte de visite. Chucho m'accueille en camarade. Il va de soi qu'il faut vraiment &#234;tre un dissident du camp autoproclam&#233; de la &#171; communaut&#233; internationale &#187; pour venir en visite ici. Le premier nom qu'il cite est Alain Badiou, viennent ensuite Foucault, les anarchistes espagnols, Nietzsche, il s'est form&#233; avec eux et avec beaucoup d'autres. Je n'imaginais pas un po&#232;te rocker aux commandes de la t&#233;l&#233; nationale, l'organe officiel de la pr&#233;sidence, je manque d'imagination. En r&#233;sum&#233;, le pouvoir ce n'est pas tout de le prendre comme l'a fait Chavez, il faut le garder. Depuis vingt ans, les assauts tous azimuts es ennemis de la r&#233;volution n'ont pas cess&#233;. Maduro depuis sept ans tient bon la barre dans une temp&#234;te qui ne faiblit pas. Forc&#233;ment, on s'est endurcis. Maduro a la main plus ferme que Chavez, il ne se serait pas laiss&#233; renverser comme Chavez en 2002. Je m'&#233;tonne de voir deux volumes des &#339;uvres de Xi Jingpin sur son bureau. Une &#233;conomie capitaliste chapeaut&#233;e par un parti communiste tout puissant, cela lui para&#238;t un bon compromis, d'un c&#244;t&#233; d&#233;veloppement &#233;conomique robuste qui permet la redistribution, de l'autre stabilit&#233; politique &#224; toute &#233;preuve. Rien de tout cela n'existe au Venezuela. L'opposition m&#232;ne une guerre hybride qui vise au chaos complet, s&#233;curitaire, &#233;conomique, institutionnel. Elle joue sur la gamme enti&#232;re des agressions, de la violence de rue, du sabotage de la production, de la sp&#233;culation, elle organise les p&#233;nuries, met en sc&#232;ne un drame humanitaire. La droite n'a jamais accept&#233; sa d&#233;faite. Les gringos ont fabriqu&#233; ici un nouveau Cuba. Et maintenant Guaido, ce minable, cette nullit&#233;, demande &#224; Trump le durcissement des sanctions et les soi-disant d&#233;mocraties europ&#233;ennes, les m&#233;dias lui d&#233;roulent le tapis rouge. Avec la Russie, l'Iran, la Chine, &#233;videmment on a des d&#233;saccords mais on n'a pas le choix. Sans partenaires strat&#233;giques, on n'existe pas. Comme pour Cuba, c'est &#231;a ou la mort. Nous causons longtemps, fraternellement, ce n'est pas un rendez-vous, c'est une rencontre. Il prend un selfie de nous deux, l'envoie &#224; l'ami Jorge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis un bon bout de temps, je vois Maurice Lemoine sur un &#233;cran, le son est coup&#233;. &#8211;Tu le connais ? &#8211; Pas personnellement. &#8211; Et Ignacio Ramonet ? &#8211; Depuis le d&#233;but, Le Monde diplomatique s'est engag&#233; &#224; fond mais &#224; part lui&#8230; &#8211; Qu'est-ce qu'on dit du Venezuela chez vous, que c'est l'enfer, le diable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, il m'est arriv&#233; deux ou trois fois d'entrer dans le bureau du directeur d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. Changement de plan&#232;te. La t&#233;l&#233; d'&#201;tat est reposante, les indig&#232;nes, le peuple des campagnes, les femmes en rouge des conseils communaux, tout le monde sourit largement, l'&#233;lectricit&#233; sabot&#233;e par les terroristes de l'extr&#234;me-droite est maintenant r&#233;tablie dans 70% du pays, la r&#233;volution bolivarienne avance en d&#233;pit des ennemis d&#233;cha&#238;n&#233;s, coalis&#233;s au dedans et au dehors sous la houlette de Washington. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#238;nette servie sur un coin de bureau est sommaire. Lui : le poisson vient d'ici, les galettes de ma&#239;s, les tomates aussi. Deux verres d'eau. &#199;a te pla&#238;t ? Moi : parfait mais j'aimerais un petit verre de vin si &#231;a se peut. Tout se peut. Une bouteille de vin argentin arrive un quart d'heure plus tard. Un chauffeur est peut-&#234;tre all&#233; l'acheter en ville. Chucho a encore un peu de boulot ce soir, peaufiner les v&#339;ux t&#233;l&#233;vis&#233;s de Maduro, peut-&#234;tre retoucher. Reste aussi longtemps que tu veux ce soir, je te ferai rencontrer des artistes, des f&#233;ministes, des femmes tr&#232;s int&#233;ressantes, qui ont des positions critiques. Demande-moi ce que tu veux, tu peux compter sur l'Internationale des &#233;crivains. Nous trinquons dans de beaux verres &#224; pied. Il s'excuse, ce vin argentin n'est pas &#224; la hauteur. Il rebouche la bouteille. Emporte-la, c'est du carburant pour l'&#233;criture. Il me fait cadeau de cinq bouquins dont deux de lui, po&#232;mes et proses. A ma demande, il d&#233;dicace. D'une belle &#233;criture occupant toute la page : &#171; aux voyageurs de la r&#233;alit&#233;, avec amiti&#233; &#187;. Il ajoute &#224; la pile la revue litt&#233;raire qu'il dirige. Ce ne sera pas trop lourd dans tes bagages ? Je prends deux jours de vacances pour le nouvel an, on va &#224; la plage avec ma femme et mes deux fils mais tu m'appelles quand tu veux. Si tu te sens plus &#224; l'aise pour &#233;crire ici, je t'arrangerai un bureau. Moi : &#233;videmment, c'est plus chaleureux qu'une chambre dans un h&#244;tel d&#233;sert mais tu ne vas pas chasser quelqu'un de son bureau pour moi ! Lui : Je fais ce que je veux, c'est moi le patron. Retour avec Oswell et le chauffeur. 21h &#224; Caracas, 2h du matin &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans dix ans, o&#249; sera Chucho ? six pieds sous terre en compagnie des milliers de victimes du prochain golpe ? en prison pour corruption comme Lula, en exil comme Evo Moral&#232;s ou en Europe, ic&#244;ne de l'Internationale des &#233;crivains pers&#233;cut&#233;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un sc&#233;nario de fiction normal, Chucho serait retoqu&#233;, incoh&#233;rence, invraisemblance. L'ami Jorge, m'a pr&#233;venue, ici, tu verras, c'est le surr&#233;alisme tropical.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Valencia, 30 janvier, chez l'&#233;crivaine Laura Antillano.</title>
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		<dc:date>2026-01-16T14:44:52Z</dc:date>
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		<dc:creator>Anne Brunswic</dc:creator>



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&lt;p&gt;Apr&#232;s Esmeralda Torres &#224; Cuman&#225;, la tourn&#233;e des &#233;crivaines programm&#233;e par Chucho se poursuit. A Valencia, je suis attendue par Laura Antilliano, romanci&#232;re, sc&#233;nariste, universitaire, une page Wikipedia bien remplie de publications et de films. La ville a la r&#233;putation d'&#234;tre une capitale industrielle, toutes proportions gard&#233;es dans un pays qui ne fabrique ni dentifrice, ni brosses &#224; dents. Trois heures de route. Moyennant un petit suppl&#233;ment, le taxi partag&#233; (por puesto) me d&#233;pose &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://annebrunswic.fr/-Semaine-5-Caracas-90-" rel="directory"&gt;Semaine 5, Caracas, Valencia.&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://annebrunswic.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/laura_antillano_20200202_121146_2-92d03.jpg?1768580043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#808000;&#034;&gt;Apr&#232;s Esmeralda Torres &#224; Cuman&#225;, la tourn&#233;e des &#233;crivaines programm&#233;e par Chucho se poursuit.&lt;/span&gt; A Valencia, je suis attendue par Laura Antilliano, romanci&#232;re, sc&#233;nariste, universitaire, une page Wikipedia bien remplie de publications et de films. La ville a la r&#233;putation d'&#234;tre une capitale industrielle, toutes proportions gard&#233;es dans un pays qui ne fabrique ni dentifrice, ni brosses &#224; dents. Trois heures de route. Moyennant un petit suppl&#233;ment, le taxi partag&#233; (por puesto) me d&#233;pose &#224; la porte de sa r&#233;sidence.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dame est menue, vieille petite pomme, un an de plus que moi. R&#233;sidence classe moyenne des ann&#233;es 1990, du temps de l'abondance. La pi&#232;ce principale est vaste, des livres, des tableaux, des sculptures, des canap&#233;s, des objets de bois, de m&#233;tal, un bric-&#224;-brac chaleureux qui contraste avec l'&#233;l&#233;gance &#233;tudi&#233;e de la maison de Cuman&#225;. Laura me demande aussit&#244;t comment c'&#233;tait chez Esmeralda. Je p&#232;se mes mots. Moi : Elle a un mari tr&#232;s sympathique. Elle : Je ne savais pas qu'elle avait un mari. Depuis qu'elle a re&#231;u le grand prix, elle regarde les autres de haut. J'&#233;tais membre du jury. Le monde des &#233;crivains de gauche est petit, a fortiori des &#233;crivaines, prudence. Laura est une curieuse de profession et de temp&#233;rament, comme moi. Chucho lui a annonc&#233; une journaliste enqu&#234;tant sur les femmes. Elle a d&#233;j&#224; arrang&#233; des rencontres avec des femmes engag&#233;es mais elle veut au pr&#233;alable me sonder, qui j'ai vu, qui j'ai lu, comment je connais Chucho, elle veut tout savoir de mes &#233;crits, de mes intentions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout irait bien s'il n'y avait pas deux chats, quantit&#233; de poils dans la chambre d'enfants que j'occupe, &#231;a irait encore mieux s'il y avait une table. Comme partout, c'est la d&#232;che et comme partout, je remplis le frigo. Elle anime gratuitement deux fois par semaine un atelier d'&#233;criture, surtout de lecture. Nous causons de livres, Alejo Carpentier, Christa Wolf, parlons un peu boutique, &#233;diteurs, contrats t&#233;l&#233;. Sa m&#232;re est morte de bonne heure, elle a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e par un p&#232;re avocat communiste, tr&#232;s cultiv&#233;. Son chavisme intransigeant l'a brouill&#233;e avec toute sa famille. Son fils nagu&#232;re &#233;voluait dans le milieu du cin&#233;ma, il est parti aux Etats-Unis, aujourd'hui chez Amazon. Elle explique : il dit qu'il ne rentrera jamais, qu'il ne veut plus entendre parler de ce pays. Mais je n'y crois pas. Quand le chavisme tombera, quand l'&#233;conomie repartira, les exil&#233;s reviendront. &lt;br class='autobr' /&gt;
On fait le point sur ceux qui partent. Il y a exil&#233;s et exil&#233;s. Aux Etats-Unis, m&#234;me si on n'aime pas les latinos, on ne refuse pas l'asile &#224; quelqu'un qui fuit une dictature communiste. Il se passe quatre ans pour que le dossier soit examin&#233; sur le fond. La plupart du temp, il n'y a rien dans le dossier, ils n'ont jamais fait de prison, ils n'ont pas fait de politique. Ils partent. En attendant, ils travaillent et se fondent dans la masse. La grande communaut&#233; des exil&#233;s envoie des dollars. Laura ne veut pas recevoir d'aide de son fils. Reste &#224; proximit&#233; une fille qui vit derri&#232;re un &#233;cran d'ordinateur. Tr&#232;s forte, dit sa m&#232;re, pour ne pas dire ob&#232;se. A mon arriv&#233;e, elle a fui par la porte de derri&#232;re. M&#234;me sans dissensions politiques, les familles, c'est toujours compliqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle m'interroge sur ma famille. Elle a perdu sa m&#232;re de bonne heure, une m&#232;re qui ne savait pas l'aimer, pire la repoussait. Je lis dans la nuit une nouvelle consacr&#233;e &#224; cette m&#232;re disparue. A t&#226;tons, L. A. cherche une r&#233;conciliation post-mortem. Elle lui &#233;crit une tr&#232;s belle lettre. Nous avons peut-&#234;tre plus en commun que je ne pensais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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